Journal de l'Assemblée Citoyenne de Nogent-Bry-Le Perreux

Des hors-la-loi au Perreux ? Oui, mais pas ceux que l’on croit…

Depuis la fin octobre, une douzaine de personnes, dont un couple avec un bébé d’un an, se sont installées dans l’ancien dispensaire « Luc Maine » vide depuis 2012, au 30 rue P.Barberet, dans le quartier des Joncs marins au Perreux.

Bien que demandeurs de logements sociaux, ces personnes sont sans domicile fixe ; certaines ont un emploi, d’autres sont artistes, d’autres étudiants ou encore chômeurs, mais toutes vivent dans une grande précarité depuis plusieurs années.

Elles sont hors la loi, elles le savent, mais n’ont pas d’autre alternative.

Chassées par les forces de l’ordre d’un bâtiment de Nogent fin octobre, elles ont trouvé refuge dans un bâtiment acheté récemment par la Ville du Perreux, ce qu’elles ignoraient. Ce hasard aurait pu être une chance pour elles : passer l’hiver presqu’au chaud, sous un véritable toit, appartenant à une collectivité, donc sans lésion d’une propriété privée, un toit inutilisé depuis deux ans et qui ne peut l’être avant plusieurs mois.

Qu’importe ! La Ville du Perreux a immédiatement porté plainte pour « occupation illégale », car «  la ville doit récupérer ce local pour les besoins on ne peut plus urgents d’une association de loisirs perreuxienne «  les Cordelles ». Prétexte fallacieux, les Cordelles disposent déjà de deux locaux dans la ville, dont un dans le même quartier, boulevard Galliéni. Hasard ou pas, la Présidente des « Cordelles » n’est autre que madame Claudine Carrez, l’épouse de notre député-maire.   La ficelle est un peu grosse ! D’autres locaux, comme les anciens bureaux de la sécurité sociale, 7O avenue Ledru-Rollin, sont vides depuis des années et seraient tout à fait adaptés pour accueillir les activités d’associations perreuxiennnes.

Carence de logements sociaux

Des projets, rue Barberet ? Rien dans les cartons à court terme, le Conseil municipal n’est pas au courant. Le terrain voisin n’a été acheté que fin octobre. L’ensemble de 1600 m2 constitue une réserve foncière pour la ville, qui pourrait envisager un équipement public avec, on peut l’espérer, des logements sociaux, puisque le foncier lui appartient.

Notre député-maire dispose de tous les pouvoirs pour consentir à ces personnes un bail précaire de quelques mois, une bien maigre compensation face à la carence de logements sociaux au Perreux. Hélas, il ne semble pas en être question, le sujet n’a même pas été inscrit à l’ordre du jour du Conseil municipal malgré la demande de Joseph Terribile, le conseiller municipal EELV. L’avis d’expulsion est exécutoire le 21 décembre. Qu’en sera-t-il ?

Ces personnes qui se savent hors la loi demandent juste de pouvoir passer l’hiver au chaud. Vivre dans le respect de la loi c’est leur vœu le plus cher ! La société a le devoir de leur en fournir les moyens et de leur accorder ce droit fondamental, car sans domicile pas de travail, pas de vie.

Rappelons que la loi SRU de décembre 2000, renforcée par la loi ALUR de mars 1214, impose aux villes de disposer de 25 % de logements sociaux. Ces derniers ne représentent que 9 % des habitations au Perreux qui, comme beaucoup d’autres villes «  riches », ne respecte pas cette loi.

La Ville du Perreux est donc également hors la loi

Alors que l’on compte en 2014 plus de 145 000 personnes sans domicile fixe, nombre en augmentation de 50 % depuis dix ans et que la crise du logement s’aggrave en Île-de-France, nous dénonçons la volonté de la majorité municipale et de son député-maire de ne pas respecter la loi, mais d’en faire obligation par voie de justice aux plus démunis d’entre nous.