Journal de l'Assemblée Citoyenne de Nogent-Bry-Le Perreux

Halte au vrai mille-feuille administratif !

Alors que nous nous sommes déjà largement étendus sur le sujet de la réforme territoriale, il est temps de parler d’un mille-feuille administratif, un vrai cette fois-ci.

Admettons que vous habitiez Nogent et que vous ayez un souci de santé qui vous oblige à vous rendre au service d’accueil des urgences le plus proche de chez vous, à savoir celui de l’hôpital Armand Brillard. Cette institution hospitalière est en fait une clinique privée qui a passé un accord avec l’État et à laquelle on a délégué un service public, le service d’accueil des urgences dans notre cas.

Sachez que vous recevrez une facture pour chaque acte médical :

millefeuille_405Un médecin vient vous voir (logique) ?
Vous lui paierez une consultation libérale.

On vous fait une prise de sang ?
Une entreprise sous-traitante vous enverra une facture.

Vous effectuez un scanner ?
Vous devrez payer directement un praticien libéral.

Vous devez passer une IRM ? On vous fera signer un papier disant que vous comprenez ce que vous payez, mais on ne vous expliquera pas que ce montant dépasse le montant remboursé.

Comme le Cognac

On comprend mieux ce fonctionnement lorsque l’on décrypte ce montage, non pas comme un hôpital prodiguant des soins, mais comme une entreprise cotée en bourse.

En effet, le fait de faire appel à des libéraux et des sous-traitants plutôt qu’à des salariés permet de diminuer le risque financier, et donc d’augmenter la cotation boursière du groupe Générale de Santé.

cognac

Les « grandes maisons » du Cognac que sont Hennessy (LVMH) et Rémy Martin font la même chose. Elles ne possèdent quasiment aucun vignoble et achètent leurs eaux de vie à de petits producteurs. Ainsi, lorsque le Cognac se vend bien, tout le monde se porte bien. Mais quand les ventes chutent, ce sont alors ces producteurs qui trinquent, car ce sont eux qui supportent le risque induit par les lourds investissements nécessaires à la production.

Vite ! Un choc de simplification

Pour que le droit à la santé soit un vrai droit pour tous, il faut simplifier cette situation. Pour cela, nous avons une solution qui existe depuis longtemps : le service public hospitalier !

Ainsi, dans nos vénérables hôpitaux publics (que les gouvernements successifs des trente dernières années ont eu pour objectif de réduire en cendres), vous n’aurez à payer qu’une seule et unique facture globale, sans dépassement d’honoraire.

Nous appelons donc ici à un « choc de simplification », mais un choc qui irait dans le sens de l’intérêt général !