Journal de l'Assemblée Citoyenne de Nogent-Bry-Le Perreux

Le scandale de l’accord sur les retraites complémentaires

Fin octobre, un accord sur les retraites complémentaires a été signé entre le Medef et trois syndicats minoritaires. La presse en a un peu parlé mais son contenu et sa portée réels ont été largement sous-estimés.

De quoi s’agit-il ? En plus de la retraite de base de la Sécurité Sociale, les salariés du secteur privé cotisent avec leurs employeurs pour une retraite complémentaire : chaque somme cotisée permet d’acquérir des points (selon une valeur d’acquisition) qui serviront à déterminer la valeur de la pension future (selon une valeur de liquidation). Il y a actuellement deux régimes : ARRCO pour les non cadres et AGIRC pour les cadres.

Au motif que les deux régimes risquent d’être déficitaires d’ici quelques années, l’accord prévoit des économies pour 5,5 milliards (supportées entièrement par les salariés) et une modique hausse des cotisations patronales de 600 millions… que le gouvernement a promis de compenser par une baisse des cotisations d’accident du travail. Bref, une mauvaise affaire pour les salariés, alors que le Medef bénéficie à plein des 40 milliards du CICE !

Il y a plus grave. Au-delà des mesures classiques : hausse de la valeur d’acquisition du point, sous- indexation de sa valeur de liquidation (sans que celle-ci puisse cependant baisser, ils sont trop bons !), l’accord prévoit en effet un malus de 10% pendant au moins deux ans pour les salariés partant à 62 ans et un bonus d’un an pour les salariés travaillant au-delà de 63 ans. En pratique, cela va inciter une majorité de salariés à partir non à 62 mais à 63 ans… ce qui permettra, dans quelque temps, de faire passer une loi entérinant ce nouveau report de l’âge de la retraite. Les dindons de la farce seront bien sûr les salariés mais aussi les jeunes chômeurs qui devront galérer encore plus longtemps pour s’insérer !