Journal de l'Assemblée Citoyenne de Nogent-Bry-Le Perreux

Attaques frontales contre les travailleurs

Ce début d’année est décidément lourd de menaces pour le monde du travail.

A la mi-janvier, 8 anciens salariés de l’usine Goodyear ont été condamnés à de lourdes peines de prison (deux ans dont 9 mois fermes). Le motif : alors que l’usine était occupée, deux cadres de l’entreprise avaient été retenus dans les locaux, puis  relâchés sans violence. Quelques jours après, l’usine fermait et 1 143 salariés se retrouvaient sans travail.  Ce jugement est inacceptable : parce que ces militants ne faisaient que défendre leur outil de travail et  les emplois de l’entreprise ; parce qu’il tend, par sa sévérité extrême, à intimider les salariés et freiner les luttes sociales, nouvelle étape dans la dégradation continue des droits sociaux  et syndicaux auquel se livre notre gouvernement soi-disant de gauche.

A la mi-février, est arrivé le sinistre projet de loi « El Khomri » qui vise tout simplement à dynamiter le Code du travail  c’est-à-dire les possibilité de défendre son pouvoir d’achat, ses conditions de travail et donc sa santé : temps de travail laissé quasiment à la discrétion du patron ; extension du dispositif « forfaits-jours », qui permet de ne pas décompter les heures de travail ; majoration des heures sup amputée; indemnisation des licenciements illégaux plafonnée ; licenciements facilités et leur indemnisation plafonnée ; obligation d’accepter un changement du contrat de travail induit par un accord  ou un « référendum » d’entreprise ; droits syndicaux rognés ; nos enfants condamnés à la précarité à vie… bref, tout est attaqué dans ce texte d’inspiration patronale !

C’est d’autant plus révoltant que les mesures de régression sociale que nous subissons depuis des années sont prétendument justifiées par l’impératif de créer des emplois. Mais c’est tout le contraire qui se produit ! Ainsi, depuis mai 2012, le nombre de chômeurs est passé de 4,4 à 5,5 millions ; pour le seul département du Val-de-Marne, il a augmenté de 23 000 depuis 2012, soit 10 chômeurs de plus chaque jour !

Ce projet de réforme est inacceptable. Seul un rapport de force peut contraindre le gouvernement à le retirer. D’ores et déjà une pétition a été signée par plus d’un million de citoyennes et citoyens (http://loitravail.lol). Il est indispensable que face à ce qui se dessine une puissante mobilisation de tous, avec les syndicats, associations et organisations politiques, parvienne à transformer ce rejet en riposte. En ce 80e anniversaire du Front Populaire, l’heure est plus que jamais à la résistance !