Journal de l'Assemblée Citoyenne de Nogent-Bry-Le Perreux

Les pauvres ailleurs!

La région Ile de France connaît sa plus grave crise du logement depuis les années 50.

Au moment où les inégalités et la pauvreté explosent, plus de 70 % de ses habitants  ont des revenus qui leur  donneraient droit au logement social. Cette pénurie affecte depuis très longtemps les classes populaires mais aussi depuis les années 2000 les couches moyennes condamnées trop souvent à consacrer entre 30 et 40% de leurs revenus  au seul logement dans le privé.

La politique décidée en mars dernier par Valérie Pécresse consiste à ne plus financer le logement très social dans les communes qui comptent déjà plus de 30 % d’HLM  et à donner priorité au logement des classes moyennes, en développant  le logement intermédiaire privé et social. Cette politique est d’une hypocrisie sans nom. Soi-disant pour «  ne pas ajouter de la pauvreté à la pauvreté » elle ne se pose jamais la question de savoir pourquoi sur les 1300 communes franciliennes, 90   seulement concentrent  66 % du parc social, comme elle refuse de prendre en compte le constat du Secours catholique qui précise que  « les logements sociaux actuellement construits (nombreux PLS) ne sont pas adaptés au profil des demandeurs ».

Cette nouvelle orientation aura des conséquences d’autant plus désastreuses que le gouvernement depuis 2012 s’est refusé à prendre les mesures nécessaires pour que le logement redevienne un droit : respect de la loi SRU  par toutes les communes, notamment celles de Nogent et du Perreux où un trois pièces se loue dans les 1000 €, respect également des obligations de l’ Etat en matière de relogement nées de la loi DALO, mise en œuvre enfin des mesures positives de la loi ALUR  comme l’encadrement des loyers interdit aujourd’hui dans nos communes.

Elle va chasser hors de la première couronne non seulement  les populations fragiles mais aussi nos enfants dont beaucoup peinent à trouver un débouché professionnel stable.

C’est sans le dire une politique de mutation sociale  ainsi mise en œuvre. Un connaisseur en la matière, Jacques Chirac, alors Maire de Paris, déclarait en 1982 «  que les transformations immobilières sont l’un des facteurs les plus évidents de l’évolution de la population ». En fait, la politique ainsi décidée par Valérie Pécresse n’est pas autre chose que la version policée des hurlements obscènes du 16ème arrondissement qu’elle n’a jamais dénoncés !